
Le crash du vol Turkish Airlines 981
4JWM+6R Fontaine-Chaalis Oise
Le 3 mars 1974, un McDonnell Douglas DC-10 de la Turkish Airlines s’écrase en forêt d’Ermenonville, à quelques kilomètres de Paris. L’avion, victime d’une décompression explosive due à un défaut de conception, devient incontrôlable et percute le sol à plus de 800 km/h. Avec ses 346 victimes, cette catastrophe demeure l’un des accidents aériens les plus meurtriers de l’histoire de l’aviation civile. Mais en quelques minutes, une faille technique ignorée allait précipiter l’avion et ses 346 occupants vers un destin tragique.
L'HISTOIRE EN BREF
Un vol pris d’assaut par des passagers bloqués
Vue du nouvel avion de ligne à réaction trimoteur McDonnell Douglas DC-10 stationné sur le tarmac de l'aéroport d'Heathrow à Londres le 12 août 1972.
En ce début d’après-midi du 3 mars 1974, l’aéroport de Paris-Orly est en effervescence. Le vol 981 de la Turkish Airlines, parti d’Istanbul, vient d’y atterrir pour une escale technique avant de poursuivre sa route vers Londres Heathrow. Initialement, ce second tronçon du vol ne devait transporter qu’un nombre limité de passagers.
Mais un imprévu va tout changer : une grève des employés de British European Airways cloue plusieurs vols au sol, laissant des centaines de voyageurs bloqués à Paris. Nombre d’entre eux se ruent alors sur les rares places disponibles à bord du DC-10 turc. Parmi eux, une forte délégation britannique, venue assister au match de rugby France-Angleterre la veille, ainsi que 48 banquiers japonais en stage à Londres. Des passagers de plus de douze nationalités se retrouvent ainsi à bord, remplissant l’appareil bien au-delà de sa capacité habituelle pour ce vol.
Turkish Airlines 981 : la descente en enfer
C'est une porte arrière de chargement mal fermée qui a explosé en vol provoquant à la fois la décompression de la cabine et la destruction du plancher de la cabine et certains câbles de commande. L'équipage ne pouvait plus contrôler l'avion
À 12h32, sous les ordres du commandant Nejat Berkoz, le vol 981 décolle de Paris-Orly en direction de Londres Heathrow. L’appareil amorce sa montée et tourne vers le nord pour éviter de survoler la capitale. À 12h40, alors que l’avion atteint 12 000 pieds au-dessus de Meaux, un bruit sourd retentit. La porte de la soute arrière cède brusquement, provoquant une décompression explosive. La soudaine chute de pression arrache une partie du plancher, détruisant plusieurs câbles de commande essentiels.
Dans le cockpit, c’est la confusion totale. Le commandant Berkoz et son équipage tirent désespérément sur les commandes, mais l’avion ne répond plus. Il tremble violemment, s’inclinant brutalement d’un côté, puis de l’autre. Chaque seconde qui passe les rapproche du sol.
Dans un dernier appel radio, le copilote Oral Ulusman lance un message paniqué : « Le fuselage a explosé ! ». À 12h41, le DC-10 s’écrase dans la forêt d’Ermenonville, à plus de 800 km/h. Aucun des 346 occupants ne survit, faisant de cette catastrophe la plus meurtrière de l’histoire de l’aviation civile à cette époque.
Une catastrophe qui a révolutionné la sécurité aérienne
Les secouristes fouillent les décombres du DC 10 de la Turkish Airlines à la recherche de victimes après le crash au-dessus de la forêt d'Ermenonville le 3 mars 1974 à Ermenonville.
Quelques minutes après l’impact, des habitants des villages environnants aperçoivent une gigantesque colonne de fumée s’élevant de la forêt. Certains croient à un incendie, d’autres parlent d’une explosion, mais tous ignorent encore l’ampleur du drame qui vient de se jouer.
Les secouristes, pompiers et gendarmes découvrent un champ de débris dévasté, où aucune structure de l’avion ne subsiste intacte. Pendant plusieurs jours, les équipes de secours et de gendarmerie ratissent la zone, récupérant les fragments de l’appareil et tentant d’identifier les victimes, une tâche rendue extrêmement difficile par la violence du crash.
Ce défaut de conception n’était pas une découverte : deux ans plus tôt, un incident similaire avait déjà failli coûter la vie à des passagers. Pourtant, aucune modification n’avait été imposée. Face à l’ampleur de la catastrophe et à la pression des familles des victimes, McDonnell Douglas est condamné à verser 80 millions de dollars. L'aviation civile impose une refonte complète des systèmes de verrouillage des DC-10, rendant obligatoires des modifications de conception sur tous les avions de ce type.
Aujourd’hui encore, un mémorial en forêt d’Ermenonville rappelle cette tragédie et ses 346 victimes. Plus qu’un simple drame, cet accident est devenu un tournant majeur dans l’histoire de l’aviation civile, imposant des changements radicaux en matière de conception et de sécurité des aéronefs. Désormais, chaque vol commercial qui décolle porte en lui la leçon d’Ermenonville. Derrière chaque procédure de sécurité renforcée, il y a le souvenir tragique du vol 981, et la certitude que jamais un tel drame ne devra se reproduire.
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Photo de couverture : Le DC10 qui s'est écrasé en forêt d'Ermenonville, photographié en 1973. source wikipedia